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Soyeuses

Rétablir le poil féminin

Qu'est-ce que Soyeuses ?

Soyeuses est un projet de rééducation visuelle collective, autours du poil féminin. 


Il est mené en collaboration par deux militantes féministes : Amandine Petit-Martin, initiatrice du projet, et Enthea, photographe diplômée de l'ENSA Dijon.

 

C'est un projet photographique qui comporte également une partie de témoignages écrits, ainsi qu'une bande son spatialisée. 

 

Soyeuses est en constante expansion, et a pour vocation d'offrir à voir de de nouveaux modèles féminins.

Afin d'être le plus inclusives possible, nous recherchons en permanence des femmes issues de minorités, qui souhaiteraient travailler avec nous. 

Lien ULULE pour nous soutenir et nous aider à faire voyager le projet dans vos villes 

 

Contactez nous sur notre page Soyeuses

ou sur enthea@hotmail.fr

 

 

Vivamus dui magna blandit

“Les poils sur les femmes, c’est sale.”
Ah bon ?
Pourtant on naît avec. Ils ne deviennent “sales” qu’à partir d’un certain âge.
A partir de la puberté, tu ne comptes plus les heures de traque, pour éliminer le moindre poil. Toutes les techniques y passent : le rasoir qui te laisse des estafilades sanglantes, la cire ou les crèmes qui te brûlent la peau. Tu perds un temps fou, et pourquoi ? Ah le mythe des jambes douces.. ça dure 24h, après tu recommences la danse.
Et puis un jour, tu les laisses pousser. Tu les trouves doux, tu dis merde au regard des autres et tu t’aimes. Poilue. Soyeuse.

Texte : Candice aka Midnight Fury

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"Le corps. Tout commence là finalement. Moi, j’ai toujours été mal dedans. Peut-être pas toujours, mais d’aussi loin que je m’en souvienne. Je suis grosse, le pire péché qu’une femme puisse commettre : ne pas être baisable. Ou, du moins, pas socialement baisable. On trouve toujours des gens pour nous baiser, mais rarement pour nous présenter à leurs ami.e.s. Mais c’est une autre histoire, ou, plus précisément, un autre fil de la tapisserie. Mon gros corps, il est toujours soumis aux regards. Des regards négatifs, fétichistes, rarement neutres, plus rarement encore bienveillants.
Et puis la puberté est arrivée, comme si je n’avais déjà pas assez de trucs à gérer. Je ne savais pas mettre de mots là-dessus à l’époque, mais en fait, je n’étais pas sûre d’être une femme. Je voulais être adulte, oui, mais pas femme. Et il y avait mon corps, qui me faisait craquer en vergetures, pisser du sang, pousser des seins, et des poils, [...]"*

*suite sur @soyeuses

"Qu'elles couvrent leur corps ou qu'elles le révèlent, les femmes n'ont besoin ni du jugement ni de la discrimination de qui que ce soit. Pour moi, les poils me complètent et me font sentir bien, et je ne retournerais pas à ce que j'ai vécu comme une répression de ce qui me constitue en tant que femme et humaine."

"Ahhh le rapport à nos poils ! Quelle relation compliquée. Pour moi, qui suis arrivée a la puberté un à deux ans avant toutes les autres filles de mon âge les questions sur mes poils ont commencées très tôt. Déjà que ton corps change totalement, que les premiers complexes s'installent, avoir des poils avant tout le monde c'est loin d'être facile. Tu n'es encore qu'une gamine et voilà arrivées les premières moqueries, les remarques dans ton dos, à la piscine. Et puis rapidement arrivent les premiers "conseils" pour se raser, pour ne pas paraître sale et négligée, pour être une "vraie" fille. Alors quand tu n'as même pas 13 ans tu commences à te raser, à désespérer au moindre poil qui repousse. Et puis c'est vrai que ça serait bien d'avoir la peau toute douce, toute lisse et sans imperfection. C'est quand même l'idéal féminin que tu vois partout, dans les films, dans les pubs dans les magazines. Alors tu rases, tu épiles, tu testes différentes méthodes, tu compares la cire, et l'épilateur. Tu te traînes déjà pas mal de complexes, on va pas ajouter des poils à tout ça. Sauf que ta peau elle aime pas forcément." [...] 

Suite sur Soyeuses

Une photo un peu particulière aujourd'hui puisque la censure cache les poils les plus visibles. Mais néanmoins très importante pour nous, puisque qu'elle est une partie du mouvement militant féministe chilien.
Shootée le lendemain de son retour du Chili, où elle a participé aux violentes manifestations de son pays, voici la participation de Z.

"Sous les rayons implacables du soleil à vif, parfois démunies de couche d’ozone, les révoltes chiliennes font échos, les poils tentent de sauver leurs peaux. Dans le sud du monde, ce territoire tout en long, brûle de rage et les poils se hérissent.
L’expérimentation néolibérale a bien trop duré et le drapeau chilien en est marqué de sang.
Le capitalisme vorace y a été implanté par des horreurs infâmes et des dictatures qui continuent leur règne (même dans la constitution).
Un changement radical s’opère entre cosmovision indigène, et féminisme anticolonial.

Et vu que « A partir de nos corps – qui sont politiques, sociaux et culturels, nous pouvons générer une réflexion sur la sexualisation humaine, la décolonisation et les relations de genre »
Pourquoi ne pas rattacher la pilosité aux luttes actuelles ?
Mais attention cela ne tient pas qu’à un poil, « le capitalisme a découvert que certains messages du féminisme de la troisième vague implantés correctement peuvent engendrer beaucoup de bénéfice » (poils provoc et tendance sous les aisselles, tendance sorcière, potions cosmétiques do-it-yourself …)
Alors De tout poils hermanas : un poil pour toutes et toutes à poil !

Suite sur Soyeuses

Saint Valentin

[Vernissage du 14 Février 2020]

C'était un jour de lumière, se levant entre des branches fleuries de blanc. Après une bien longue et douce nuit teintée d'or brûlant dans les cœurs, et d'argent glacé dans le ciel, ils auraient tous deux pu dormir, mais refusaient de fermer leurs yeux et s'arracher chacun la vue de l'autre. Ils ne se contemplaient pas dans les yeux. Cela, il l'avaient fait le soir, et le referaient à l'annonce de leur prochaine nuit ensemble. C'étaient leurs corps qu'ils admiraient, dans tous les détails de ce qu'ils étaient trop épuisés pour parcourir encore. Sur leurs jambes, la lumière s'accrochait aux brindilles brillantes comme un champ à l'aurore des moissons. Les cheveux de la belle se mêlaient au poitrail du vaillant. Elle était pâle et sombre tout à la fois, noire de cheveu et blanche de teint, éclatante de contraste comme la nuit et ses étoiles. Il semblait de tout cuivre étincelant, sa blondeur se noyant sur ses bras bronzés par les journées au soleil. Comme un grillage précieux, ou un tatouage magique, les fils posés sur les jambes de la dame en rehaussaient la clarté et soulignaient les courbes. Dans sa prime enfance, ses grands yeux, pareils aux matins de novembre, et son visage éclatant comme une lune de juillet avaient conduit ses parents à la nommer « Blanc Fantôme » : Guenièvre. Chacun, en ce temps-là, voyait un petit astre nocturne en la regardant, ou une figurine d'albâtre sur un velours noir. En devenant femme, elle s'était habillée d'un fabuleux nuage, ou d'une dentelle fine.